• Fluctuat.net :
    Chuck Palahniuk :
    L’écriture est un sport de combat
    A propos d’ A l’estomac et de la littérature

    Avec Haunted, étrangement traduit "A l’estomac" par les éditions Denoël, Chuck Palahniuk donne une leçon : Ne pas tenter l’aventure littéraire si l’on a pas les tripes. Entretien.

    "A L’estomac" est un des vos romans qui a fait le plus de bruit depuis Fight Club. La nouvelles "Tripes", en particulier, est considérée par certains comme l’une des plus choquante que vous ayez écrite ? Quel est votre opinion à ce propos ?
    Depuis Fight Club j’ai toujours minimisé l’effet dramatique de certaines situations en utilisant l’humour. C’est le cas, par exemple, dans les scène qui se passe dans les groupes de soutient des malades en phase terminale. Juxtaposer tragédie et comédie augmente le pouvoir des deux, et dans "Tripes", les gens rient beaucoup plus qu’ils ne sont dégoûtés. C’est le rire justement, qui leur donne la force de continuer dans l’horreur de l’histoire. Mais en fait, ils rient en réaction au stress - un stress provoqué par la proximité de l’horreur et de la mort.
    Beaucoup de gens se sentent mal à l’aise face à cette liberté extrême, mais c’est pour cela que j’écris. Pour avoir la liberté de rire de tout, et de trouver ainsi un certain réconfort face à l’inévitable violence, la tristesse, la maladie et la mort qui hante nos vies. Les gens qui sont choqués à la lecture d’une histoire comme "Tripes" sont ceux qui n’ont jamais accepté la vérité de leur propre mort. Ces gens n’ont malheureusement jamais été véritablement vivant.

    Est-ce l’histoire relativement paisible et, dirons nous, "normale" (excepté peut-être l’utilisation inusités de brosses à dents) de Journal Intime, votre précédent roman, qui vous a poussé à écrire A L’estomac et ses récits beaucoup plus sardoniques et horrifiques ?
    Oui, c’est vrai, Journal Intime est un de mes livres qui a reçu le plus d’hommage de la part des critiques. Mais mes lecteurs plus jeunes s’attendaient à quelque chose de plus extrême, de plus cru. Et certains m’ont laissé tombé. Les lecteurs plus jeunes forment un public beaucoup plus sophistiqué et blasé. Pour eux passer le temps en lisant un livre exige que l’auteur invente les pires horreurs qu’il puisse imaginer. Les jeunes lecteurs veulent être vraiment choqués et scandalisés. Il ne fait surtout pas les ennuyer. Pour eux, j’ai écrit A L’estomac et leur ai offert certaines des histoires les plus atroces que je pouvais imaginer. Naturellement mes jeunes lecteurs l’ont aimée, mais les critiques, eux, l’ont détesté.

    Seriez-vous d’accord si je vous disais que, parfois, vous pratiquez la littérature à coup de marteau, comme Nietzsche le faisait pour la philosophie ?
    Si je le fais, ce n’est pas consciemment. En fait, il y a dix ans, mon unique but était de pratiquer l’écriture pour m’amuser et de faire revenir aux livres, les gens qui avaient abandonné la lecture. Aujourd’hui, j’aime tellement écrire que je produis presque un livre par an. Et des centaines de personnes m’ont dit qu’elles se sont remise à lire à cause de mes romans. Un jeune homme m’a récemment dit que le lui avait "enseigné à lire." Si nous voulons que les jeunes lisent, alors nous devons leur donner des livres passionnants, et drôles, et étonnants, assez toutefois, pour récompenser leur effort et le temps qu’ils passeront à les lire.

    Dans Le festival de la couille, vous exposez les corps du travail de Chuck Palahniuk. Le livre est une manière de présenter la façon dont vous êtes connecté à la réalité en tant qu’auteur. Est-ce aussi le cas pour les histoires de A L’estomac ?
    Exact. Dans ces essais, j’ai voulu démontrer comment toutes mes idées sont inspirées par des personnes réelles et des événements qu’ils ont vécu. Ma fiction est réellement journalistique, mais avec des noms de personnes changés. Le monde est rempli d’événements et d’histoires incroyables qui doivent être racontés et préservés. Tout ce que je fais n’est jamais qu’un enregistrement, dont j’organise ensuite la vérité, pour la présenter au public comme une fiction. Dans le cas de A L’estomac, j’ai quand-même du pousser ces fictions à leur extrêmes limites.

    En effet, à la lecture de A L’estomac, on se dit qu’elles ont les mêmes sources d’inspiration, les faits divers, la réalité. Mais il reste ce côté extrême.
    En 1955, l’auteur Shirley Jackson a écrit son histoire "La loterie". Les gens ont été outragés et ont protesté contre sa publication dans le New Yorker. Avec "Tripes", j’ai voulu voir si je pourrais écrire une histoire qui produirait ce genre de réaction aujourd’hui.
    Maintenant que plus de 100 personnes se sont évanouies aux lectures publiques de l’histoire, je pense que j’ai (bien) fait mon travail. Cette semaine, j’ai même eu deux nouveaux évanouissement durant une conférence que j’ai donné dans une université de Géorgie. J’aime cela, mais je suis sûr que je peux faire mieux dans une future histoire.

    Dans tous vos romans vous décrivez des cultures marginales, et des comportements pathologiques en tout genre. D’où vous vient cet intérêt pour les marges ?
    J’adore des cultures marginales et la manière audacieuse avec laquelle elles rejettent la société et ses valeurs traditionnelles. J’admire leur genre d’arrogance et de courage. Je passe mon temps à me documenter sur ce sujet. Je les applaudis vraiment. Ces marginaux sont mes héros.

    Revenons à A l’estomac, est-ce une manière détournée, justement, de guérir les gens de l’envie de devenir écrivain ?
    La plupart de mes livres commencent par une présentation où les gens se risquent de dire la vérité sur eux-mêmes — un groupe de soutien, un groupe de 12 étapes, un enregistrement de suicide, ou l’atelier d’un auteur. Ce sont des endroits où les gens font leurs confessions et rejoignent ainsi la communauté. Ce sont les églises et les religions modernes. Chaque atelier d’écriture est un groupe de thérapie détourné, pour des personnes ayant besoin de raconter leurs histoires. C’est aussi le vrai secret de A L’estomac.

    "Mr Whittier", un des principaux protagoniste de votre dernier roman, assène des vérités peu amènes sur l’écriture et la thérapie qu’elle représente. Est-il une autre incarnation de Chuck Palahniuk comme professeur, apprenant à ses élèves comment écrire et envisager l’écriture ?
    Certaines personnes ont dit que Mr. Whittier — un garçon de 13 ans dans le corps d’un vieil homme — me représente. Et certains disent aussi que Mr. Whittier, avec ses expériences et son arrogance, représente le Président George W. Bush. Je laisserai chaque lecteur décider qui Mr. Whittier représente vraiment...

    Comment vous est venu l’idée de composer dans le même livre d’une part des poèmes et d’autre part de nouvelles ?
    C’est très simple. J’avais besoin d’un rythme, de quelque chose permettant de séparer les chapitres en cours de l’histoire général et des nouvelles. Chaque poésie me permet simplement de focaliser l’attention du lecteur sur un personnage particulier. Mieux, les poésies ajoutent une texture différente, une manière plus ample de raconter une histoire, ainsi même la mise en page est infectée et chaque page ne se ressemble pas.

    Qu’en est-il de votre prochain roman ? Pouvez vous nous en dire quelque mots ?
    Mon prochain livre s’appelle "Rant". C’est une biographie de Buster Casey. Elle sera composé d’entretiens avec des centaines de personnes qui ont connu un homme sauvage appelé "Rant". C’est une sorte de Tom Sawyer moderne, un hillbilly éclairé ou un crétin de la campagne, comme on veut, qui monte à la ville et se trouve impliqué dans la vie urbaine, son culte de la nuit, ses voitures, sa compétition menée avec la rage d’animaux sauvages. Mes éditeurs prévoient déjà (ou du moins, espèrent) un effet Fight Club. Au delà de ça, je finis un livre racontant l’histoire d’une actrice porno qui essaye de gagner le record du plus grand nombre de partenaires en une journée.

    Propos recueillis par Maxence Grugier (Source)

    A L’estomac
    Chuck Palahniuk
    Denoël


    votre commentaire
  • Mondialisation et numérique

    pour le Centre Pompidou

    LE MONDE | 17.01.07 | 16h40  •  Mis à jour le 17.01.07 | 16h40

     
    <script language=JavaScript>OAS_AD('Top2');</script>







    e 31 janvier, le Centre Pompidou, à Paris, fêtera ses trente ans. Durant quatre semaines, une vidéo de l'artiste Pipilotti Rist inondera le parvis à la tombée de la nuit. Lors d'une conférence de presse, mardi 17 janvier, le président du Centre, Bruno Racine, s'est tourné vers l'avenir plutôt que de s'attarder sur le bilan de ce temple de l'art contemporain qui a connu, a-t-il concédé, "des hauts et des bas".

    <script language=JavaScript>if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')}</script>
    La mondialisation de la scène artistique et la révolution numérique sont les nouveaux défis auxquels s'attaque le Centre, a indiqué M. Racine. Il n'a cependant rien dit de plus sur les projets de création d'une antenne à Metz, "fin 2008", ainsi qu'à Shanghaï (Le Monde du 16 janvier).

    Côté numérique, "Beaubourg", lieu pluridisciplinaire, mêlant les arts plastiques, le cinéma, le spectacle vivant, etc., élargit sa palette avec la création de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI). Sa fonction sera de développer des outils numériques (logiciels, revue en ligne) en vue de diffuser la connaissance de l'art contemporain et de prolonger la programmation artistique du Centre. Il sera à la disposition des visiteurs, gratuitement, à l'occasion de certaines expositions en 2007. M. Racine a aussi annoncé le lancement, en juin, d'un festival d'art contemporain destiné aux enfants.

    Parmi les autres événements marquants, la nouvelle présentation des collections permanentes, programmée le 1er février pour la collection moderne, le 4 avril pour les oeuvres contemporaines. Sont aussi prévus une exposition retraçant l'oeuvre de Samuel Beckett, une rétrospective Pierre Klossowski, un "panorama" de l'oeuvre d'Annette Messager. Et, clin d'oeil à l'oeuvre Air de Paris de Marcel Duchamp, "Airs de Paris" présentera le travail de plusieurs artistes, architectes, designers, paysagistes.

    Clarisse Fabre
    source

    votre commentaire
  • J'aime beaucoup les travaux de cette artiste et j'adore l'artiste elle-même !

    Allez faire un tour sur son blog, en attendant que je sois assez inspirée pour écrire un texte sympa !

    Bonne visite !


    votre commentaire
  •             Barthes s’interroge sur ce qu’est la photo, il se demande ce qu’elle est « en elle-même ». <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

                Que représente-elle pour le « spectator » (le spectateur) ?<o:p></o:p>

                Que veut dire « l’opérator » (le photographe) sur le « spectrum » (l’objet, le sujet de la photo) ?<o:p></o:p>

                Il distingue le « studium » : « sorte d’investissement général », qui fait appelle à la personnalité, la culture, le contexte … dans le quel se trouve le spectator ; du « punctum » : « ce hasard qui, en elle [nous] point. Le studium de l’ouvrage serait la Photographie et la ‘méta-Photographie’, et le punctum, la photo du « Jardin d’Hiver ». Invisible et omniprésente, lui seul peut nous la décrire telle qu’elle est ressentie par le spectator du punctum en question… nous la faire apprécier… car il nous fait partager son propre punctum personnel, individuel, voire existentiel. <o:p></o:p>

                C’est un ouvrage à lire après Photographie et société et en même temps que l’Image Fantôme, ou presque … <o:p></o:p>

    Car bien que ‘fondateur’, ‘référence’ en la matière, cette réflexion nécessite, à mon avis, quelques repères (donnés par Freund). <o:p></o:p>

    Même si Guibert se livre, il le fait avec sa société, ou du moins, son point de vue sur la civilisation dans la quelle il évolue, avec son entourage, son histoire.<o:p></o:p>

                Barthes, au contraire, est nécessairement seul devant le « Jardin d’Hiver ». Il nous propose une introspection au combien perspicace de la Photo, de son rapport à la Mère, à la Mort… et toute son étude, si objective qu’elle se veuille au départ, et intrinsèquement liée à son expérience personnelle de la photo, de l’amour qu’il voue à sa mère, et de la mort qui se rapproche inexorablement.

                                                          LF.<o:p></o:p>


    votre commentaire
  •                   Quelle est l’image ? Qui est le fantôme ?<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

         L’auteur, qui nous entraîne dans une introspection de son rapport à la photographie et de sa vie, par ricochet ?<o:p></o:p>

         Nous, qui lisons en comprenant les images sans les voir tout à fait ?

         Freund nous a aidé à comprendre la photo, Guibert nous aide à transpercer ses fantômes (ceux de la phot ou les siens … ?). <o:p></o:p>

         Freund faisait un portrait de la photo, Guibert fait son autoportrait (le sien et celui de la photo).<o:p></o:p>

         En toute sincérité, avec naïveté de temps en temps, avec candeur parfois, gravité souvent et intelligence … toujours.<o:p></o:p>

             Mélange réussit entre nouvelles, essais et autobiographies. L’aventure de l’image, de la photo et de l’image de l’auteur qui fuit subrepticement.

         Tantôt plaisant, tantôt gênant. La société, l’homme, le sexe, la famille et bien d’autres sujets encore, liés presque par définition à la photographie, sont abordés pour nous emporter de l’autre côté du mystère des Chambres … claires, noires, obscures.<o:p></o:p>

         L’image Fantôme, ou le mystère de la représentation de soi et du monde.

                                                         LF.<o:p></o:p>


    votre commentaire
  •           Il pourrait être sous titré « pour comprendre la photographie »…<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

         Freund nous fait le portrait de la photo, qui est pris qui croyait prendre … Elle est photographe, elle connaît extrêmement bien l’objet qu’elle étudie et elle nous emporte dans la merveilleuse histoire de la photographie.<o:p></o:p>

         Pas assez de dates pour nous embrouiller l’esprit, juste assez pour comprendre l’histoire.<o:p></o:p>

         Pas assez de détails techniques pour nous ennuyer, juste assez pour comprendre le mécanisme de l’outil…<o:p></o:p>

         Ce livre se lit comme un roman. Le personnage principal est suivi de son enfance à sa maturité … Tous les âges de sa vie sont passés au microscope ou au macroscope par Freund.<o:p></o:p>

         Avec ses victoires, ses erreurs et ses défaites, la photo trace, conserve et transmet (cf.Y. Geffroy) l’histoire et l’évolution de notre société.<o:p></o:p>

         C’est un portrait de la photographie et une photographie de la société.<o:p></o:p>


    votre commentaire
  • Miroirs du psychisme <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Vous pouvez découvrir les œuvres de cet artiste dans ma galerie !!!

    A l’occasion de sa première exposition personnelle parisienne depuis son séjour en 1958, rencontre avec Luis Gordillo, artiste majeur qui anime la scène artistique espagnole depuis les années 1960, en présence de José Jiménez, directeur de l’institut Cervantès où se tient cette exposition jusqu’au 3 novembre 2006.




    <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Luis Gordillo est un artiste d’origine andalouse, de cette culture il tient une bonne humeur, un sens de l’humour, et une fraîcheur d’esprit qui se retrouvent dans la vitalité de ses réalisations : l’un dans l’autre, l’artiste à travers l’exposition, l’exposition à travers l’artiste, ils se retrouvent, se regardent, s’analysent : ils se contemplent. Dans ce jeu de reflets l’exposition intitulée ‘Miroirs’, comme son titre le suggère, propose une réflexion entre des oeuvres récentes.

    Exposé en Espagne depuis 1959, né à Séville en 1934 il a grandi dans un contexte politique peu propice à l’épanouissement artistique, ce cadre contraignant était celui du franquisme qui s’imposa jusqu’en 1975. Pourtant, après sa formation initiatique parisienne réalisée dans des conditions économiques délicates, son travail révèle dès les années 1960 une inventivité créatrice foisonnante dans la veine du pop art. Changeant de registre formel et de gamme chromatique, les années 1980 voient une évolution significative de son travail qui devient majoritairement abstrait (encore que cette notion reste à préciser chez lui, nous y reviendrons).


    La marque de l'artiste<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    En 1964 à partir d’une composition en diptyque intitulée 'Deux profils' l’artiste s’intéresse à la différence elle-même, une différence considérée en elle-même offrant une réflexion sur la modification de l’image. Vont s'affirmer dans le temps les principes de différence et répétition, auxquels s'ajoutent ceux de singularité et de pluralité. Comme l’a indiqué Gilles Deleuze, "un concept de la répétition implique une répétition qui n’est pas seulement celle d’une même chose ou d’un même élément. Les choses ou les éléments supposent une répétition plus profonde, rythmique." (1) Ce rythme est bien à l’oeuvre chez Gordillo, disons qu’il en scande l’oeuvre elle-même, où vibration et musicalité intérieures et profondes entrent en jeu. Il importe de considérer comme l’indique Jean-Luc Chalumeau dans le catalogue de l’exposition que "le sens rationnel et le sens psychologique ne font qu’un chez Gordillo : ne s’intéresser qu’au seul sens supposé rationnel, c’est être certain de ne rien comprendre ni rien éprouver devant ses tableaux, (…) la vérité de l’oeuvre, décidément, n’est pas dans ce qu’elle semble raconter, mais dans la manière dont elle le raconte, et le réel qu’elle éclaire n’est jamais celui qu’elle représente (…)." Pour la genèse des oeuvres de Gordillo, mais l'on pourrait plutôt parler de gestation, tant le rapport au corps est fondamental, l’artiste explique que quand une image sort de lui "elle sort comme une viscère, elle prend une corporéité réelle", raison pour laquelle il ne considère pas ses réalisations comme abstraites.


    Au coeur de l'oeuvre<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    A José Jiménez d’expliquer que Gordillo a "réalisé son oeuvre à partir d’un dialogue constant entre la publicité, le cinéma, le langage de la vie contemporaine. (…) Il fait un art qui vient de l’intérieur, il est très condensé. S’ajoute aussi l’aspect psychanalytique qui revêt dans son oeuvre une présence très forte. (…) Dans son oeuvre le sens de variation est très important, ce sont des séries mais ce n’est pas répétitif, c’est la duplicité : cette exposition s’intitule 'Miroirs', elle signifie ce rapport entre l’intérieur et l’extérieur. (…) Les miroirs sont le reflet de quelque chose, ils induisent des variations, et chacun peut voir dans ces réalisations des choses différentes. On écoute une musique, mais elle est différente selon les personnes. Il y a une présence très forte de la musique comme expression de l’intériorité via un sens très profond du rythme. (…) C’est une manière de développer la peinture dans sa vitalité, dans son rapport à la tradition et dans sa capacité à établir un dialogue avec le monde contemporain : en témoigne son utilisation de l’outil informatique qui confirme l’expérimentation qui anime Luis Gordillo. D’ailleurs il expose toujours auprès de jeunes artistes qui sont très curieux de son travail."


    Les deux modes opératoires de Gordillo<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Sur sa façon de travailler Luis Gordillo fait la distinction entre 2 types de réalisations : "Il y a des tableaux qui sont tout à fait directs au début, je commence ensuite à les refroidir, à les mécaniser, d’autres fois je travaille avec une image préétablie, avec pour support l’ordinateur, la photographie, ou encore des collages, d’autres images de tableaux personnels également. Ce sont là deux chemins différents, mais pour moi ce qui est intéressant c’est de laisser libres ces deux voies. L’exposition de l’institut Cervantès n’en révèle qu’une, mais ma dernière exposition à Madrid permettait de découvrir les deux, et j’aime travailler ainsi pour ne pas limiter le champ de travail." Le recours à la psychanalyse revêt une part importante dans le processus d'inspiration et d’élaboration des oeuvres : "En parlant de choses psychologiques, en répétant les mêmes choses, on parvient à une certaine lourdeur, à une vraie vie, ce ne sont pas simplement des rêves ou de l’imagination, on arrive d’abord à les traiter comme problèmes, mais après comme réalité profonde, on pourrait dire qu’elles sont abstraites mais je ne le crois pas, c’est une réalité qui est elle-même produite par la réalité. (…) Avec la psychanalyse le réel est entré à l’intérieur, on peut alors neutraliser l’intérieur. Dans les années 1980, j’expliquais que je voulais employer un geste neutralisé, et je répétais ce concept. Ordonné, neutralisé, le geste devient presque un signe mathématique."


    'Dieu femelle', 'Electronic Mandala', 'Mathama'<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    La salle d’exposition de l’institut Cervantès, claire et lumineuse, permet la mise en vis-à-vis de deux acryliques de grand format (230 x 310 cm), ces diptyques sont réunis sous le titre ‘Dieu femelle B’ et ‘Dieu femelle C’, mais 15 autres titres possibles sont proposés… Ils sont à même de traduire l'humour et l’univoque (même apparence mais signification différente) exprimant ainsi que l’extrême d’une identité ne se trouve pas dans la stricte opposition des contraires. Quant à cette gamme chromatique spécifique et froide, Gordillo explique que "c’est une couleur scientifique, comme quelqu’un qui étudie le cerveau, elle est déjà une matérielle, ce n'est pas un fantôme. Il y a une matérialité dans ces images, ce ne sont pas des esprits ou des états d’âme, c’est plutôt d’une neutralité scientifique qu'il s'agit." Le rapport au double, et le plaisir qu'entretient l'artiste avec, anime ces réalisations.

    Dans ‘Electronic Mandala’, une série de fragmentations et de variations photographiques réalisées à partir du tableau ‘Pensée en portions’, on pourrait d’abord penser à un retour à une structure se répétant et se déformant. Or, c’est moins d’un retour, que d’une progression ascendante en hélice dont il s’agit. Gordillo procède ainsi : il réalise d’abord un tableau, puis, une fois posé à l’horizontale il prend une succession de clichés photographiques en parcourant la surface peinte. C’est pour cela que ce travail n’est pas retour au sens strict, retour pur et simple à un point de départ, comme pour le mouvement d’une roue par exemple, mais progression hélicoïdale, ce qui implique mouvement et dynamique. Il y a alors reprise et différence. Les images sont ensuite numérisées puis travaillées via l’ordinateur, pour ensuite être imprimées selon un procédé digital (non argentique donc). La série ‘Electronic Mandala’ est ainsi composée d’une sélection de la centaine de tirages qu’a pu réaliser Gordillo.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Dans la mezzanine de l’institut l’exposition se poursuit avec ‘Mathama’ (62 x 47 cm, 2004-2006) une série d’acryliques sur sérigraphie : on y distingue un visage évoquant un masque tribal, celui-ci est sérigraphié et Gordillo y a appliqué une série de variations et de transformations. Cette partie haute de la salle d'exposition entre alors parfaitement en dialogue avec celle du bas, où intériorité et extériorité correspondent, comme c'est le cas dans un jeu de renvois sur une surface miroitée. L'exposition ‘Miroirs’ est bien l’affirmation du principe de différence, elle retarde, elle diffère la différence, pour alors différencier les formes et les identités, créant un système complexe et poétique à la fois. En ce sens, cette présentation permet d’envisager le rapport que peuvent entretenir série et différence. Ces peintures s’abîment dans une représentation chatoyante de formes et déformations où la couleur neutralisée révèle un réseau de lignes et de reflets, qui ont délaissé tout mimétisme. Gordillo opère par sa subjectivité et par le recours à l’inconscient le passage à quelque chose de tangible (matériel), soit un procédé de réification où les formes passent de l’une à l’autre, l’une dans l’autre. Ces images sont d'une grande force expressive, il appartient à chacun de regarder, de se les approprier sans complexe, en toute liberté, d'où en partie la force de ce travail qui prend l'apparence d'éclats de réel, d'un réel éclaté.



    (1) On fait appel ici à Gilles Deleuze, Différence et répétition, Paris, Puf, 1968, mais le travail de Gordillo ne constitue pas une illustration d’une pensée philosophique, ce n’est pas son objet. Le recours aux propos de Deleuze est à considérer comme une illustration et une clarification du concept de différence, ils offrent une perspective intéressante dans cette optique.



    Jean-Baptiste Touja pour Evene.fr, photos (C) Jean-Baptiste Touja - Septembre 2006


    votre commentaire
  • LA BIOGRAPHIE DE FRÉDÉRIC BEIGBEDER

    Issu d'un milieu favorisé, Frédéric Beigbeder fréquente les bancs de deux lycées prestigieux - Montaigne et Louis le Grand - et intègre par la suite Sciences-Po et le Celsa. Il ressort alors diplômé d'un DESS en marketing publicité à 24 ans. Dès lors, il entame une carrière des plus retentissantes, où la polyvalence est omniprésente : publicitaire, écrivain, critique littéraire, chroniqueur TV... Véritable passionné de littérature, Frédéric Beigbeder publie plusieurs ouvrages - 'Mémoire d'un jeune homme dérangé' (1990), 'L'Amour dure trois ans' (1997) - avant de s'offrir un succès avec '99 francs' en 2000. Il créée le 'Prix de Flore', inspiré du nom du célèbre café de Saint-Germain-des-Prés à Paris, qui récompense chaque année un auteur au talent prometteur. Dandy parisien désinvolte, il s'essaie en tant que présentateur d'émission avec Des livres et moi sur Paris Première, L'Hyper Show sur Canal + aux côtés de Jonathan Lambert, et devient chroniqueur pour Le Grand Journal de Canal + en 2005. Frédéric Beigbeder a par ailleurs rédigé d'impertinentes 'Nouvelles sous ectasy', un essai, 'Dernier inventaire avant liquidation', et à participé à l'élaboration de bandes dessinées - 'Rester normal' (2002), 'Rester normal à Saint-Tropez' (2004). Depuis 2003, Frédéric Beigbeder est devenu éditeur pour le compte de Flammarion, mais continue en parallèle son travail d'écrivain. Personnalité farfelue et provocatrice, il déclare aimer l'argent et les sorties, et vit sa vie à cent à l'heure.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    LES ANECDOTES SUR FRÉDÉRIC BEIGBEDER

    > Un dandy au P.C.
    Frédéric Beigbeder était conseiller du communiste Robert Hue lors des élections présidentielles de 2002.

    > Auteur de BD
    Il a publié avec le dessinateur P. Bertrand sa première BD aux éditions Dargaud : 'Rester normal'.

    > Succès
    Le roman 'Windows on the World' , qui revient sur la tragédie du 11 Septembre, a valu à Frédéric Beigbeder une reconnaissance internationale. Après un prix Interallié en 2003, sa traduction a été récompensée de L'Independent Foreign Award en 2005. Il doit également être adapté au cinéma.

    > Nostalgique ?
    Il s'est aventuré dans le domaine musical et a lancé une compilation de certains de ses morceaux fétiches des années 1980.
    <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    SES CITATIONS

    « Croyez-vous encore qu'une croissance infinie soit possible sur une planète où les ressources sont limitées ? »
    [ Frédéric Beigbeder ]
    - Slogan pour La journée sans achat

    « La vie c’est moins bien que la télé, parce qu’on ne peut pas changer de chaîne. »
    [ Frédéric Beigbeder ]
    - Extrait du magazine VSD - 28 mars 2002

    « La rentrée littéraire est une maladie française qu’il ne faut surtout pas soigner. »
    [ Frédéric Beigbeder ] - Extrait du magazine Lire - Juillet 2004

    « Méfiez-vous des gens bardés de diplômes, ce sont, statistiquement, les plus lâches. »
    [ Frédéric Beigbeder ] - Extrait de ses Mémoires d’un jeune homme dérangé

    « Les filles sont irréelles, elles se promènent comme des anges sur l’arc-en-ciel de nos rêves. »
    [ Frédéric Beigbeder ] - Extrait de ses Mémoires d’un jeune homme dérangé<o:p></o:p>

    <o:p>     Sources : evene.fr </o:p>

     

    Et pour en savoir plus, voici quelques liens intéressants :

    <o:p> </o:p>

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Beigbeder

    http://www.portnawak.net/beigbeder/bio/biographie.htm


    1 commentaire
  • Verlaine a dit :

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

    « L'art, mes enfants, c'est d'être absolument soi-même. »

    <o:p></o:p> 

    « Prends l’éloquence et tords-lui son cou ! »

    <o:p></o:p> 

    « De la musique avant toute chose. »

    <o:p></o:p> 

    « Elle ne sait pas que l’enfer, c’est absence. »

    <o:p></o:p> 

    « Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations. Tenez, Judas, par exemple, il avait des amis irréprochables. »

    <o:p></o:p> 

    « Nous avons tous trop souffert, anges et hommes, De ce conflit entre le Pire et le Mieux. »

    <o:p></o:p> 

    « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime, Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. »<o:p></o:p>

     

    votre commentaire
  •  

    Il y a quelques jours, je suis allée voir les travaux des étudiants d’ACL. Dans le cadre d’un de leur TD, ils ont eu l’occasion de réaliser des « livres objets », que nous avons eu le plaisir de découvrir dans une expo qui leur était consacrée. <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Au cours de cet évènement, j’ai surpris, curieuse comme je suis, une conversation entre deux étudiants.<o:p></o:p>

    La jeune fille expliquait au jeune homme que son professeur lui avait demandé d’être plus « trash » (selon la jeune fille…), plus expressive, d’aller au fond de ses raisonnements... Elle a donc choisi d’exposer des tampons hygiéniques sur un sapin de Noël… Je n’ai pas bien compris ce que l’étudiante avait voulu exprimer car l’explication qu’elle en a donnée n’était pas très claire… Néanmoins, le jeune homme a alors exprimé avec fougue son opinion sur ce que l’artiste se devait de manifester dans son œuvre : la revendication. Apparemment, le travail de l’étudiante et les remarques qui l’ont poussé vers ce résultat lui plaisaient beaucoup, et il a conclu la conversation en ces termes : « Si l’artiste n’a rien à revendiquer, s’il n’a pas de combat, il ne sert à rien »…<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Cela m’a fait réfléchir au statut de l’artiste, et je me suis amusée à imaginer la réaction qu’aurait pu avoir un Fra Angelico, un Vélasquez, un Monet ou un Duchamp face à ce discours.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Qu’est ce que Mantegna revendique dans son Saint Sébastien ? Contre quoi Van Eyck se bat-il quand il peint Les époux Arnolfini ? L’artiste est-il forcé de mener un combat pour être un Grand Artiste ? <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Da Vinci a mené des batailles, c’est vrai. Et toute une série même ! Mais elles étaient dirigées vers la science, le progrès, le désir de réaliser l’irréalisable, d’aller toujours plus loin dans la découverte.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Un petit point d’histoire

    <o:p> </o:p>

    Les origines de l’art se situent bien loin de la revendication… Régis Debray, Norbert Hillaire, Bernard Blistène et tant d’autres spécialistes et théoriciens de l’art nous ont mainte fois rappelé que les premières œuvres étaient avant tout rituelles, mystiques, chamaniques... <o:p></o:p>

    Au fil du temps, les spiritualités sont devenues des religions, et l’art a suivi cette évolution.<o:p></o:p>

    Nul n’était donc choqué que les peintres ne représentent que des figures religieuses, cléricales ou encore des « descendants de droit divin » (Prince, Compte…), sans rien « revendiquer ».<o:p></o:p>

    Est-ce à dire que les tableaux étaient dénués de sens ? Certainement pas ! Les œuvres des plus grands peintres Italiens, Français, Allemands, de la Renaissance utilisaient, jouaient avec les codes religieux. D’une part, ils avaient pour but de glorifier leur référant, de magnifier et de pérenniser l’image des puissants (Titien ; Charles Quint à Mühleberg, 1548) ou même de transmettre des valeurs bibliques (Greco ; L’adoration des bergers, 1614). D’autre part, ils s’appropriaient, le temps d’un tableau, les symboles les plus prégnants de leur société, pour exprimer leur propre sensibilité.<o:p></o:p>

    Qui oserait dire que la Joconde n’est pas une « Œuvre d’Art » parce qu’elle ne s’érige contre aucun problème fondamental de la société ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Ainsi, il faut se souvenir que l’un des premiers mouvements à avoir fait de la provocation dénonciatrice son mot d’ordre n’est autre que Dada. <o:p></o:p>

    Certes, certains artistes s’étaient fait remarqué bien avant pour leur « pied de nez » à la société. <o:p></o:p>

    Je pense notamment à Manet, qui, en 1863 ose « impertinemment » représenter une femme, ni déesse, ni vierge, et encore moins symbole de vertu, nue. Pire, cette femme semble bien être une « dévergondée », une  prostituée. Quelques mois plus tard, il expose un tableau ou deux hommes, deux « contemporains » viennent de consommer un repas – ou plus… on ne sait – en compagnie de deux femmes (« contemporaines » elles aussi) nues. Certains critiques laissent même entendre que la femme à l’arrière plan lave son corps des péchés qu’elle aurait commis avec les deux hommes…<o:p></o:p>

    Mais il serait maladroit de ne retenir que l’aspect provocateur de ces tableaux. En effet, ils sont aussi le résultat de recherches stylistiques, picturales. Manet tente de retrouver sous son pinceau le coté « primitif » de la peinture.. Finies les jolies coquilles d’où naissent, comme par enchantement, des Vénus intouchables et éternelles. Halte aux fioritures des « Pompiers » où la fioriture en abondance, l’idéalisation poussée dans ses plus extrêmes retranchements gâchait parfois la représentation. Manet cherche la beauté accessible, mortelle, éphémère, mais observable, palpable, réelle. <o:p></o:p>

    Alors que Ingres rivalise de virtuosité pour déjouer les courbes du corps, détourner les formes naturelles pour embellir, ennoblir sa Baigneuse de Valpinçon ou d’ailleurs, Manet cherche la pureté dans la représentation franche et sans complexe d’une Olympia qui, peut-être, un jour, a « déjeuné sur l’herbe » avec quelques amis…<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Mais revenons au mouvement Dada, provocateur par excellence… pour comprendre les artistes et les aspirations de ce courant bref (1915-1925) mais marquant. Certes, ils se donnaient pour but de scandaliser les bien pensants, de choquer le public, de revendiquer leur indépendance, de hurler leur liberté ! Et ils ont depuis, été largement entendus ! Tzara (fondateur du mouvement), déclare : « Dada est notre intensité. Dada est l’art sans pantoufles ni parallèles, qui est contre et pour l’unité et décidément contre le futur. »<o:p></o:p>

    Néanmoins, il ne faut pas oublier que ce mouvement naît pendant une période complexe, difficile, qui entraînera, en 1918, la « Grande Guerre », « La Der des Der »…<o:p></o:p>

             Comment un homme peut il rentrer indemne (physiquement et moralement) de l’horreur des tranchées ? Comment l’artiste peut-il se taire après l’enfer de la guerre ?<o:p></o:p>

    On pense évidemment à Otto Dix, qui, traumatisé par cette douloureuse épreuve, exprime sa peine, fait danser les morts[1]. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    La société dans laquelle grandissent et évoluent les artistes joue forcément un rôle dans leurs manières de percevoir le monde… sans pour autant les déterminer… Car Dada ne s’est pas contenté de revendiquer l’enfer de la guerre industrielle, sa peur des grandes compagnies et son envie de choquer pour choquer.<o:p></o:p>

    En effet, il serait injuste de retenir seulement l’esprit provocateur des dadaïstes. Le mouvement a aussi réussit à réunir tous les arts ! Poésie, Peinture, Photographie, Architecture, Musique, Théâtre, Opéra, Chant. Les dadaïstes ont tout fait pour faire tomber les cloisons qui séparaient les arts entre eux. Et dans leurs désirs de défaire l’art des carcans qui l’emprisonnaient, ils ont tenté de se rapprocher du public, de franchir la frontière qui les séparait de la population en se réunissant dans des cafés et des bars ouverts à tous.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Si la Fontaine de R. Mutt (Alias Duchamp !) tente de décontenancer le marché de l’art, quel est le but politico-économico-philosophique de La mariée mise à nue par ses célibataires, même ?<o:p></o:p>

    Si la Soupape d’admission est une recherche « picabienne » sur l’industrie, elle est aussi une recherche sur l’esthétique technicienne de mes machines… si féminines aux yeux de l’artiste…<o:p></o:p>

    Je préfère considérer ces deux œuvres comme des études, des réflexions sur la machine, comme des interprétations intelligentes des bouleversements sociaux de l’époque que comme de simples « images choc ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Et quels sont les « héritiers » directs des Dadaïstes ? Les surréalistes ! En effet, lorsque Breton se sépare du « clan dada », il fonde un mouvement qui propose aux artistes d’explorer leurs fantasmagories, leurs représentations inconscientes, leurs rêveries les plus invraisemblables au travers de techniques aléatoires. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le plus connu d’entre eux, Dali, a réalisé des tableaux merveilleux, tant au niveau technique qu’au niveau philosophique ou psychanalytique. Il a mis son imagination au service de l’esthétisme, libéré son esprit pour livrer au spectateur son originalité, et le faire voguer dans des univers « étranges et inquiétants ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Breton et ses acolytes prônaient la liberté absolue et hasardeuse, parfois même démesurée de l’artiste, contre les contraintes subconscientes qui encerclaient la société. Leurs messages étaient forts, l’écho de leurs idées retenti encore dans notre société, et même si les actes provocateurs auxquels ils se sont livré défraient encore les chroniques… j’aime à penser que ce n’est pas le seul aspect que le grand public se donne à voir de nos jours.<o:p></o:p>

    En effet, lorsque je suis face aux Reproductions interdites, aux Mémoires aux Décalcomanies ou  aux Clairvoyances de Magritte, je suis en admiration. Je sais que Ceci n’est pas une pipe, et je sais que ceci est du « Grand Art »<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Enfin, que dire de ceux qui sont considérés comme les deux plus grands artistes de la fin du XXe siècle ?<o:p></o:p>

    En effet, si Picasso a bel et bien exprimé sa rage, sa tristesse, son amertume face au massacre de Guernica, il a aussi su faire « exploser »  – au double sens du terme – la sensualité des Demoiselles d’Avignon. Sa Femme à la mandoline se contente de décomposer son corps pour nous laisser le loisir d’explorer l’étendue de sa beauté. Elle ne lutte pas contre la domination masculine, ni contre les armes chimiques… Est-ce une raison pour considérer ces chefs-d’œuvre comme de simples images ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

     De même, le plus grand combat de Matisse n’a-t-il pas été de rechercher l’expressivité de la couleur et sa capacité sensible. L’artiste a cherché, au travers de ses pigments à émouvoir le « regardeur ». Que dénoncent La Raie Verte, La déserte, ou Icare, sinon un désir profond de changer notre regard sur les teintes de la vie ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Je suis peut-être un peu « surréaliste », mais je pense que l’art pour l’art, la liberté de l’artiste, la fantaisie esthétique (qu’elle soit attrayante ou non…) sont les seuls « combats imposés » auquel les artistes aient à faire face. Le génie créateur qui les caractérise doit, à lui seul, convier les publics à écouter leurs langages.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Si Warhol ou Koons veulent profiter de leur don pour dénoncer la société de consommation (… qui les nourrit…), c’est leur choix. <o:p></o:p>

    Si Christo ou Smithson veulent revendiquer leur amour des formes naturelles révélées par leurs installations, qu’ils l’expriment. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <?xml:namespace prefix = v ns = "urn:schemas-microsoft-com:vml" /><v:shapetype id=_x0000_t75 coordsize="21600,21600" o:spt="75" o:preferrelative="t" path="m@4@5l@4@11@9@11@9@5xe" filled="f" stroked="f"><v:stroke joinstyle="miter"></v:stroke><v:formulas><v:f eqn="if lineDrawn pixelLineWidth 0"></v:f><v:f eqn="sum @0 1 0"></v:f><v:f eqn="sum 0 0 @1"></v:f><v:f eqn="prod @2 1 2"></v:f><v:f eqn="prod @3 21600 pixelWidth"></v:f><v:f eqn="prod @3 21600 pixelHeight"></v:f><v:f eqn="sum @0 0 1"></v:f><v:f eqn="prod @6 1 2"></v:f><v:f eqn="prod @7 21600 pixelWidth"></v:f><v:f eqn="sum @8 21600 0"></v:f><v:f eqn="prod @7 21600 pixelHeight"></v:f><v:f eqn="sum @10 21600 0"></v:f></v:formulas><v:path o:extrusionok="f" gradientshapeok="t" o:connecttype="rect"></v:path><o:lock v:ext="edit" aspectratio="t"></o:lock></v:shapetype><v:shape id=_x0000_i1025 style="WIDTH: 115.5pt; HEIGHT: 162pt" type="#_x0000_t75"><v:imagedata src="file:///C:\DOCUME~1\Fraioli\LOCALS~1\Temp\msohtml1\01\clip_image001.jpg" o:title="Warhol%20conserve"></v:imagedata></v:shape> Andy Warhol                           <v:shape id=_x0000_i1026 style="WIDTH: 129pt; HEIGHT: 162.75pt" type="#_x0000_t75"><v:imagedata src="file:///C:\DOCUME~1\Fraioli\LOCALS~1\Temp\msohtml1\01\clip_image003.jpg" o:title="koons2"></v:imagedata></v:shape> Jeff Koons<o:p></o:p>

     <v:shape id=_x0000_i1027 style="WIDTH: 142.5pt; HEIGHT: 186.75pt" type="#_x0000_t75"> <v:imagedata src="file:///C:\DOCUME~1\Fraioli\LOCALS~1\Temp\msohtml1\01\clip_image005.jpg" o:title="christo%20mur"></v:imagedata></v:shape> Christo      <v:shape id=_x0000_i1028 style="WIDTH: 168.75pt; HEIGHT: 165pt" type="#_x0000_t75"><v:imagedata src="file:///C:\DOCUME~1\Fraioli\LOCALS~1\Temp\msohtml1\01\clip_image007.jpg" o:title="13"></v:imagedata></v:shape>Smithson<o:p></o:p>

    Cattelan <v:shape id=_x0000_i1029 style="WIDTH: 195.75pt; HEIGHT: 154.5pt" type="#_x0000_t75"><v:imagedata src="file:///C:\DOCUME~1\Fraioli\LOCALS~1\Temp\msohtml1\01\clip_image009.jpg" o:title="holly03"></v:imagedata></v:shape>
    <o:p></o:p>

    Si Cattelan veut s’indigner contre la pourriture qui règne à Hollywood, ou le culte de la jeunesse qui « enferme les vieilles dans des freezers » qu’il le fasse !<o:p></o:p>

    Mais de là à dire que l’artiste se doit de révéler au monde les malheurs qui l’assaillent…<o:p></o:p>

    Alors c’est moi qui m’insurge, qui revendique, qui dénonce !<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    L’artiste ne doit pas suppléer le journaliste, se substituer au politique, et encore moins assister les médias dans leur quête du « toujours plus spectaculaire ». Il peut choisir de jouer sur d’autres tableaux. Se contenter de révéler la beauté n’est pas un défaut, un anachronisme ou une hypocrisie. <o:p></o:p>

    Les Impression, soleil levant, Cathédrales et autres Nymphéas[2] me touchent parce qu’elles sont belles. Tout simplement. Parce que Monet a su me transmettre son regard d’artiste et m’émouvoir. <o:p></o:p>

    Les Compositions de Kandinsky, les Mariées de Chagall, les Paysages de Mirò, sont autant de fantasmagories qui me permettent de voyager vers des univers jusqu’alors insoupçonnés…<o:p></o:p>

    Les installations de Carl André, de Serra ou de Smithson me font appréhender mes relations à l’environnement et à l’espace sans jamais me brusquer vraiment, en me laissant doucement expérimenter les milieux qu’ils ont intelligemment transformés.<o:p></o:p>

    De même, les Monstres de Vallero, les Exhibitions de Royo et les Vampires de Francès nourrissent et enrichissent mon imagination.<o:p></o:p>

    D’ailleurs, je remarque que ces deniers ne sont connus et reconnus que dans le cercle « intime » de la BD et du manga. Alors, non, il est hors de question que ces Artistes soient considérés comme « mineurs » parce qu’ils ont décidé de se retirer, de se détacher des misères du monde pour se plonger dans d’autres univers ou explorer le notre avec un regard averti. L’art n’est pas avant tout esthétique, il est avant tout liberté. Et il ne faut pas confondre « esthétique » avec « beauté »…<o:p></o:p>

    Le public face à l’artiste et vice vers ça…

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

                       Tout est une question d’époque, c’est vrai. Et le public du XXe  siècle ne peut avoir les mêmes attentes que celui des siècles précédents. De même, les artistes ne peuvent pas percevoir et représenter le monde de la même manière que leurs prédécesseurs. L’époque, « les temps » comme on dit, fait que nous ne vivons plus dans le même monde que Botticelli ou Degas. Finalement, le « même » n’existe jamais vraiment, et la comparaison peut être dangereuse. Mais même si l’on tente de considérer l’art « avec son temps » comme le préconise Baudelaire, il me parait douteux de donner une plus grande importance au message social qui a provoqué la représentation qu’à la représentation elle-même. <o:p></o:p>

             Depuis que Duchamp a décrété que « c’est le regardeur qui fait le tableau », il me semble que le regardeur ne fait plus attention à celui-ci... Je m’explique… Le spectateur ne considère plus l’œuvre en tant que telle, mais en tant que message porteur de revendication, de dénonciation. J’ai l’amère impression que le public ne voit que ce qu’il veut. Sans faire appel à ses émotions spontanées, il a fini par oublier que l’art se saisit avant de se comprendre. De même, lorsque l’œuvre se donne pour but de donner à penser plus qu’à voir, l’amateur d’art peut espérer que le message soit intelligent ou spirituel. Mais je déplore que pour un jeune d’une vingtaine d’année, la provocation suffise. Picabia disait « il n’y a rien à comprendre, vis pour ton plaisir ». Et face à la réaction du jeune homme, je me demande s’il a « vécu » l’œuvre « pour son plaisir », et finalement, s’il a au moins cherché à comprendre…<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

             L’art a mis des siècles à se libérer des contraintes qui l’emprisonnaient, à se défaire des figures qui lui étaient imposées, et il se retrouve à nouveau pris dans un cercle – vicieux –, celui de la consommation-provocation.<o:p></o:p>

             Alors que tant d’artistes ont cherché à se rapprocher du public, celui-ci boude quand la revendication n’est pas assez forte, pas assez sociale, pas assez « universelle » – mais existe-t-il un universel dans l’art ? Quand l’artiste est trop personnel, on le juge vite individualiste. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

             Pour reconquérir un public perdu dans la loi des marchés, l’art est allé jusqu’à s’immiscer dans le réel (happening, performances, Land Art).<o:p></o:p>

    L’art est devenu « Pop » en réinterprétant les symboles du réel[3]. <o:p></o:p>

    Le réalisme s’est rendu « Nouveau » en décollant les objets du quotidien pour les changer en Oeuvre d'Art[4].<o:p></o:p>

             Et pourtant, le public ne prête attention qu’aux œuvres qui choquent. Comme si l’artiste se faisait porteur de tous les messages à visée sociale. Comme si en voyant une œuvre qui dénonce l’injustice, le regardeur (bien souvent Occidental…) tentait de se déculpabiliser, car lui, le spectateur, ne fait que regarder, il ne dit ni ne fait pas grand-chose face à l’injustice. <o:p></o:p>

    A plus forte raison lorsque c’est un richissime collectionneur qui a fondé sa fortune sur l’exploitation des « Ressources Humaines » des « pays en voie de développement »…<o:p></o:p>

             Que l’artiste soit un « médiateur » entre l’esthétique, le monde et l’individu est louable. Et d’ailleurs, l’art a, depuis toujours, rempli la fonction de « médiation » entre plusieurs sphères (religieuses, politiques, populaires…). Mais quand l’artiste se transforme en machine médiatique, en médias de masse, que reste-t-il de l’art ? Ceci est une autre question…<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Notre monde nous semble plus impitoyable qu’il ne l’a jamais été, alors certains demandent aux artistes (Peintres, Plasticiens, Photographes, Chanteurs, Acteurs…) de s’ériger contre la misère et de dénoncer. Mais je ne crois pas que ce soit un rôle prédéfini, inhérent à la situation d’artiste. Baudelaire, Hugo et même Zola ne revendiquent pas toujours… Il existe des textes merveilleux sur la religion, la nature, la famille, l’amitié, et bien évidemment l’amour, qui ne nous enjoignent pas à combattre telle ou telle injustice, et qui sont pourtant des œuvres d’art !<o:p></o:p>

    Jeff Koons lui-même a réalisé des œuvres touchantes (Rabbit, Dog) <o:p></o:p>

    Nous ne vivons pas dans un monde plus dur que celui du Moyen Age, de la Renaissance ou de l’entre-deux-guerres.<o:p></o:p>

    La différence est ailleurs : nous sommes informés, petits Occidentaux, de la misère infligée à d’autre, des malheurs subis par des populations « sous-développées », du mal de vivre de notre voisin…<o:p></o:p>

    L’utilité de l’art ?

    <o:p> </o:p>

    Et j’en reviens à la ‘conclusion’ du jeune étudiant : « Si l’artiste n’a rien à revendiquer, s’il n’a pas de combat, il ne sert à rien ». <o:p></o:p>

    Effectivement, l’artiste ne « sert » à rien… Il n’est d’aucune utilité. Il ne produit pas de « biens » de consommation nécessaire à la survie (nourriture, médicament…), il ne rend pas de « service » (ni social, ni téléphonique). <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    L’artiste n’a pas de fonction politique – on ne vote pas pour Carl André contre Serra que je sache. Il n’a pas non plus de fonction productrice – s’il fabrique, ce n’est jamais à des fins purement mercantiles.<o:p></o:p>

    Faut-il rappeler que l’art ne sert à rien, que ce qui différencie l’artisan de l’artiste c’est que ce dernier ne cherche pas in fine la « fonctionnalité » ? S’il est vrai que des architectes comme Gropius ou Le Corbusier ont cherché à rendre leurs réalisations plus fonctionnelles, leurs objectifs n’étaient pas moins artistiques puisqu’ils ont tenté – souvent avec succès – d’allier utilité et l’esthétisme.<o:p></o:p>

    Voilà un point fondamentalement artistique : l’esthétisme. Ce n’est pas utile socialement, ni politiquement, ni économiquement à proprement parler. Elle est différente de la beauté en cela qu’elle n’embellit pas nécessairement le monde. L’esthétique, est-elle une valeur oubliée ? <o:p></o:p>

    Quel paradoxe ! Je regarde un tableau parce qu’il me « point ». J’apprécie une œuvre parce qu’elle est esthétique. Le sujet, l’objet, la représentation, peut être moche à souhait, socialement laide, visuellement insoutenable… cela n’empêche pas un certain esthétisme. Boltanski – qui a énormément travaillé sur les horreurs de la Shoah – a mis à jour, au fil de son œuvre ce qu’il a appelé « l’esthétique de la douleur », une esthétique qui va au-delà de la beauté. <o:p></o:p>

    Je ne dis pas que l’art doit se contenter d’être beau… mais si l’artiste n’accompagne son œuvre d’un aspect, d’une réflexion esthétique, alors qu’est ce qui rend son travail artistique ? <o:p></o:p>

    Qu’est ce qui différencie le vendeur qui agence sa vitrine du plasticiens qui agence ses matériaux ? Cette autre question reste ouverte …<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    « N’y a-t-il que les poètes qui puissent allier plaisir et rage ? »<o:p></o:p>

             <o:p></o:p>

    Les textes de Renaud ou de Grand Corps Malade peuvent se permettre d’être provoquant parce que ces auteurs savent faire déchanter les rimes, manier les sons aussi bien que les sens et utiliser leurs mots pour jouer sur les maux. Ils passent d’abord par la poésie pour choquer, pour être libre, mais face à leur talent, leurs provocations paraissent bien petites… <o:p></o:p>

    N’y a-t-il que les poètes qui puissent allier plaisir et rage ? <o:p></o:p>

    L’art contemporain ne pourrait-il pas, lui aussi, allier beauté et souffrance ? <o:p></o:p>

    Pourquoi se limiter à la revendication quand le génie peut aller bien plus loin ? <o:p></o:p>

    L’homme est-il devenu un animal trop social pour être sensible ? <o:p></o:p>

    Et puis, au fond, tous ces messages moraux, éthiques, sont ils utiles ? <o:p></o:p>

    Le regardeur soit disant ignare se précipite-t-il souvent vers les associations caritatives après avoir lu le message choquant de l’artiste en mal de publicité ?<o:p></o:p>

    Est-ce vraiment sa fonction ?<o:p></o:p>

    Quel est le statut de l’artiste, sinon celui de pouvoir justement s’affranchir des statuts si balisés de la société ?<o:p></o:p>

    Peut-être est-ce l’évolution logique d’une histoire de l’art qui ne saurait être une et indivisible. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    En ce qui me concerne, je tacherait à présent de faire découvrir aux autres des œuvres qui sont susceptibles de les toucher, avant d’expliquer à qui veut bien m’entendre que l’art est si important quand il fait réfléchir. La réflexion est importante, la beauté aussi, mais ni l’une ni l’autre ne sont essentielles au fond…<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Dans notre société de Consommation – Communication absolue, l’artiste doit, bien plus qu’en d’autres temps, garder sa liberté.<o:p></o:p>

    Il doit pouvoir représenter ce que sa muse lui inspire. <o:p></o:p>

    Il doit pouvoir choisir de donner à voir et à penser ce dont il a envie.<o:p></o:p>

    Il doit pouvoir s’échapper des sphères mercantiles sans se détacher du public.<o:p></o:p>

    Il doit pouvoir avoir le droit de chercher à émouvoir grâce à son langage, avant que d’émouvoir grâce à son message…

     

                                                                                               LF.<o:p></o:p>



    [1]Otto Dix : Danse des morts, 1924.

    [2]Œuvres et séries de Monet.

    [3]Warhol, Lichtenstein, Johns …<o:p></o:p>

    [4]Raynaud, César, Armand…



    votre commentaire
  •           J'ai passé mon week-end au Festival du livre de Nice... pour la première fois. Et je dois dire que j'ai passé de très bons moments. J'ai pu rencontrer des auteurs que j'aime beaucoup et même si il y avait beaucoup de monde Samedi, les écrivains restent très disponibles. Je pense notamment à R. Borhinger (très charismatique) Franz-Olivier Giesbert (très charmeur) Alain Soral et Fioretti (très drôles ces deux là !) et surtout, Eric Zemmour, qui n'hésite pas à entamer une vraie conversation à chaque dédicace !!! Sans oublier Claire Legendre, plus souriante que jamais et toujours aussi attentive au remarques de ses lecteurs !

        Petit bémol pour Max Gallo : une signature mais pas un mot....

       Au niveau des cafés-débat de la promenade, on peut émettre deux reproches. D'une part, le lieu est très mal choisi. On prend des coups de soleil et à cause du bruit des voitures, on entend pas toujours toutes les choses intéressantes... D'autre part, on peut reprocher aux organisateurs d'être un peu trop "expéditifs" : 30 min par auteur.... Trop court pour les laisser répondre aux questions des lecteurs alors que c'est aussi le but de cette manifestation.... Ce qui n'a pas empéché PPDA et Giesbert de nous faire bien rire... Deux vrai boutes-en-trains !!!

       Mais, dans l'ensemble, très bon moment, très bonne impression, alors, à l'an prochain !!!


    votre commentaire
  • L’ouvrage est à la fois un état des lieux de l’art numérique et un essai de philosophie sur les relations entre Art, Technique et Société dans notre XXIé siècle.

                Tout en s’appuyant sur des références très sérieuses en histoire et en théorie de l’art, les auteurs nous livrent leurs visions sur des problématiques aussi variées et larges que le statut de l’art et de l’artiste contemporain, sa relation au monde, sur la place qui lui est donnée dans l’espace public…

                Tantôt optimiste, tantôt amère, L’art numérique ne se contente pas d’exposer, il explore et réfléchit (au deux sens du terme) les changements en cours dans le monde des arts. Ainsi, le lecteur est invité à remettre sa conception de l’art en question. Mais attention, pas n’importe quel lecteur. En effet, il faut savoir que l’ouvrage s’adresse à ceux qui ont déjà de solides notions d’art. Le vocabulaire utilisé, les exemples illustrant les propos et les théories des auteurs nécessite quelques connaissances. Et je crains que sans culture artistique, le lecteur soit déphasé par l’argumentation technique et philosophique de l’ouvrage.

                Néanmoins, certaines parties peuvent donner aux « novices » l’envie d’aller chercher dans les musées, les livres et les sites Web des informations complémentaires et lui permettre d’aborder l’art contemporain avec un regard plus averti.

                                                                                                    LF.


    votre commentaire
  • A découvrir de toute urgence :

    Pénétrez dans un univers purement réél... et pourtant... n'hésitez pas à cliquer au maximum, mais ne tentez pas d'en venir à bout : c'est l'image infinie

    cliquez ici pour la découvrir :

    http://interact10ways.com/usa/information_interactive.htm


    votre commentaire
  • Matisse : "Grouper les choses dans la lumière et les harmoniser concurrement à la matière dont on dispose."

    Picasso : "Je suis surpris de l'emploi et de l'abus qu'on fait du mot évolution. Je n'évolue pas. Je suis."

    Delaunay : " La lumière est la seule réalité."

    Kandinsky : "Contraste et contradiction, telle est notre harmonie."

    Picabia : " Il n'y a rien à comprendre, vis pour ton plaisir !"

    Malevitch : "A présent, le chemin de l'homme se trouve à travers l'espace."

    Mondrian : " Dénaturaliser, c'est abstraire. Dénaturaliser, c'est appronfondir."

    Dubuffet : "Entrainer avec force l'esprit hors des sillons où il chemine habituellement."

    Viallat : "Toute la peinture contemporaine est dans Lascaux et dans la préhistoire."

    Beuys : "Une forme c'est comme une idée. L'antiforme, elle, est énergie."

    Moulène : "Il y a toujours des formes d'existence à inventer pour l'image."


    1 commentaire
  • Raynaud par Raynaud au Mamac

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

                    Lorsqu’on entre dans l’univers de Raynaud, on a souvent une expression de « déjà-vu ». Et pour cause, Raynaud utilise pour « faire art », des objets réels, du quotidien. Il s’attache à mettre en scène des objets utilisés avant de devenir œuvre d’art. Il dit lui-même : « j’exprime ainsi l’idée que cet objet est d’abord vivifié par la réalité et par les associations mentales qu’il motive ».<o:p></o:p>

            L’œuvre qui m’a le plus touché dans cette exposition, est un tas de pigments bleus (certainement en référence à un certain Klein…) enfermés dans une cage de plexiglas posée sur un rectangle vertical, carrelé, évidemment.<o:p></o:p>

    En effet, dans cet accumulation de signes hautement symboliques (drapeau, sens interdits, micro des années cinquante, cercueils…) ce tout petit élément nous ramène aux sources même de l’art : le pigment coloré grâce auquel les tout premiers artistes ont pu s’exprimer. Mis en valeur par ce « pilier » si simple, l’œuvre nous rappelle les origines de l’art. <o:p></o:p>

    S’il est vrai que Raynaud travaille énormément avec des couleurs aussi primaires que ce bleu, cette installation n’est pas la plus représentative de l’œuvre de Raynaud.<o:p></o:p>

    Il est un artiste entier, jusque dans son quotidien puisqu’il à fait de sa maison un œuvre d’art (entièrement carrelé) puis un happening en la détruisant.<o:p></o:p>

    De plus, il travaille sur des médias très différents, comme le montre Drapeau + micro qui met en scène le drapeau américain, un micro des années cinquante et neuf téléviseurs retransmettant l’image du drapeau américain. Ici, Raynaud expose à la fois un objet, une image et l’image de l’image symbolisant l’Amérique… Mais au fond, tous ses drapeaux ne sont-ils pas de simple image, des non-œuvres d’art ? Pas pour Raynaud qui explique qu’ils « comporte[nt] une forte charge émotive et affective selon notre pays et nos convictions ». <o:p></o:p>

    En somme, Raynaud travaille sur tout, et ce n’est jamais du n’importe quoi. Il tente, il pense pour nous laisser voir, revoir, ces objets qu’on a l’impression de si bien connaître et qu’il réussit pourtant à révéler… Avez-vous déjà eu l’occasion d’observer de prés, avec attention et patience un pot de fleur ? Non ? Et bien allez voir ce que ça donne quand Raynaud le rempli de ciment …

                                                                            LF.<o:p></o:p>

    Voir les oeuvres


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique