• Quatrième de couverture : "Elle est seule dans le hall quand elle découvre l'enveloppe dans la boîte aux lettres.Elle est fébrile en l'ouvrant. Elle s'y attend peut-être. Elle a l'intuition que dans l'enveloppe, elle ne va rien trouver de bon. Elle la déchire. Il y a une photographie : dans une cour d'école, de jeunes enfants déguisés. Ils ont quatre ou cinq ans. Dans le haut de la photo il manque un visage, qui a été découpé. Elle reconnaît les autres. Et à travers le trou de son visage à elle, de son visage d'enfant, elle passe un doigt." Qui donc adresse à Barbara son visage d'enfant découpé ? Et pourquoi ? Est-ce une menace ? Une provocation ? La jeune femme, enfermée dans son joli corps, a un secret.

     

     

    La douleur de vivre défigurée, la douleur de survivre quand on ne l’est plus. Barbara est née avec une malformation au visage. Elle endure son enfance dans l’humiliation, la crainte, la différence et l’amertume. Mais elle se construit. Parce que l’être humain est ainsi fait, il se construit malgré tout…

    Visage défiguré, monstre aux yeux des personnes normalement constitués, elle se forge des boucliers, fortifie ses défenses. Et voilà que la science avance, que les scientifiques et médecins lui posent un nouveau visage, un complément de visage sur le sien… Mais comment vivre avec un visage devenu normal ? Comment accepter ce nouvel état de fait ? Barbara se reconnait-elle dans ce nouveau visage ? Sa difformité constituait-elle sa personnalité ? Non, évidemment, nous ne sommes pas nos visages… mais plutôt ‘la somme de nos expériences’. Alors comment vivre lorsque le visage ne reflète plus du tout ces expériences passées, si douloureuses soient-elles..?

    Après la difficulté de devoir vivre avec la différence, elle doit s’accommoder de sa nouvelle transparence. L’indifférence face à la normalité de son visage alors qu’au fond, elle reste la jeune fille au visage écorché. L’écorchée vive… Et si c’était celle dont le visage ne reflète plus les écorchures ?



    Claire Legendre a choisi une construction de récit particulièrement adaptée à l’histoire. D’un chapitre à l’autre, on passe de la petite Barbara, avec son visage d’enfant, à Barbara adulte, avec son visage neuf. Et on découvre lentement - mais profondément - la personnalité de L’écorchée vive. On comprend ainsi pourquoi elle est devenue ce qu’elle est. L’auteur dévoile tout doucement toutes les facettes de son personnage à la gueule cassée et au cœur en morceaux. Mais elle le fait sans délicatesse aucune, avec toute la rudeur dont la vie est capable. 

    Grâce à un style concis et tranchant, Claire Legendre fait preuve de beaucoup d’intelligence et de finesse. Les mots viennent frapper notre bonne conscience, provoquer nos bons sentiments. Le ton général a beau être quasi neutre, la force de l’ouvrage réside dans la capacité de l’auteur à faire créer ‘l’impact’ dans l’esprit du lecteur… Les surprises et les chocs sont d’autant plus intéressants à ressentir. 

    L’écorchée vive est un roman aussi troublant qu’enrichissant, où constate à nouveau tout le talent de son écrivaine.


    Du même auteur : La méthode StanislavskiViande


    D'autres avis : ClarabelLa boite à sorties...

     

     

     


    1 commentaire
  •  

    Quatrième de couverture : Dans un pays du Maghreb, Andrès, journaliste, est prisonnier, détenu au fond d'un puits. Dans la montagne, Tamia survit dans l'espoir de retrouver son amant, incarcéré dans ce même bagne. Par miracle, une nuit, Andrès parvient à s'évader. Pris en charge par Tamia, il part avec elle à la recherche de la Vérité... Un premier roman très noir, mené avec beaucoup de justesse, sur le mensonge et la trahison, où la beauté de la nature devient la seule lueur d'espérance.

    Elle ne vit que par le désir de retrouver son homme, Elijah… 

    Lui survit dans l’espoir de sortir du puits pour retrouver l’être humain qui est en lui…

    Mais que peut-on trouver après tant d’années passées à attendre, à espérer atteindre l’autre rive de son rêve ?

    Ils vivent dans la perspective de retrouver ce qui a fait d’eux ce qu’ils sont. Mais est-ce vraiment une vie ? L’espoir fait-il vivre ?

    On ne sait pas vraiment où on est, ni à quelle époque, ni qui sont les véritables héros de cette histoire dure et cruelle. Mais on sait l’essentiel : les sentiments qui les animent, leurs terreurs, leurs incertitudes et les espoirs qui les portent. 

    Une belle écriture soignée et profonde mais qui a tendance à laisser le lecteur à l’écart, maintenir une certaine distance avec lui. Et l’auteur a bel et bien réussi à me tenir à distance… Mon avis sur ce roman est donc assez confus. Je me suis sentie à la fois impliquée dans leurs histoires et totalement étrangère au cours des choses. Emotion de lectrice surprenante, je n'y suis pas habituée... je reste perplexe ! Et ça me pousse à découvrir cet auteur à travers d'autres ouvrages car son style m'a vraiment séduite.

     

    D'autres avis : Parution.com , Le monde de BA.

     

     


    votre commentaire
  • Quatrième de couverture : C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son coeur était brisé. C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage. C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j'ai vécue : un roman français. 

    Le « roman » débute avec l’arrestation de Frédéric Beigbeder. Pris en flagrant délit d’usage de stupéfiant sur le capot d’une voiture, il est placé en garde à vue. Cette incarcération, somme toute banale, est vécue comme une épreuve insurmontable par ce Dandy désaxé des temps modernes… De la solitude et l’isolement naît un besoin compulsif de se recentrer sur lui-même, de renouer avec son passé… sauf qu’il n’a pas de « souvenirs d’enfances ». Du moins c’est ce qu’il croit… Il suffira d’un seul souvenir apparemment anecdotique pour lui permettre de retrouver le fil de sa vie.

    Ce sale gosse de la littérature Française a bel et bien réussit à me surprendre ! Ce Roman français aux allures d’autobiographie n’a rien de commun avec ce que j’ai pu lire de l’auteur jusqu’à présent. Il se dévoile enfin, seul, malheureux, claustrophobe et désarmé. Il nous permet de comprendre que Frédéric n’est pas tout à fait Octave ni Marc… Il s’est inspiré de lui-même pour créer ses personnages, mais ils ne sont pas lui. Et j’avoue que l’on passe un bon moment avec ce Frédéric en question…

    Nombriliste ? un peu… Mais cela ne l’empêche pas de se poser des vraies questions sur le monde dans lequel il vit, sur cette vie qui l’entoure et qu’il ne comprend pas toujours très bien. Réflexions assez décalées pour nous bousculer un peu dans nos idées reçues.

    Egocentrique ? C’est vrai, et alors ?

    Geignard ? Et oui ! Mais c’est tellement drôle de se moquer d’un homme qui a « tout » et qui se plaint comme un gamin qui se fait taper sur les doigts après une grosse bêtise ! Aussi énervant que touchant… car à cette fameuse personne qui a « tout » semble manquer l’essentiel… Je vous laisse le plaisir de le découvrir…

    Si vous cherchez à retrouver les déboires sentimentaux et les excès en tout genre de ces personnages fictifs, ne le lisez pas. Si vous voulez aller au-delà du mythe, levez le voile : LISEZ LE !

     

    Article intéressant  

    Autre avis :La promesse d'une génération,Liza, Les routes de l'imaginaire.

    Du même auteur :

    Windows on the world

    Vacances dans le coma 

    Mémoires d'un jeune homme dérangé

    L'amour dure trois ans 

    99 francs  

     


    votre commentaire
  • Quatrième de couverture : En 1956 à Londres, le jeune Colin Clark est l'assistant de Laurence Olivier, qui tourne Le Prince et la Danseuse et partage la vedette avec Marylin Monroe. Elle qui aspire au rang d'authentique comédienne est traitée comme une blonde écervelée par son partenaire et comme une enfant difficile par Arthur Miller, son nouveau mari.
    <o:p></o:p>

    Le sex-symbol du grand écran tente alors de noyer son mal-être en séduisant Colin. Entre le 11 et le 19 septembre se noue une étrange idylle faite de longues conversations et d'escapades. Mais que se passera-t-il lorsque le garçon se retrouvera assis au bord du lit de Norma Jean ?<o:p></o:p>

    Devenu un grand producteur de télévision, Colin Clark (1932-2002) n'a livré son secret que deux ans avant sa mort.


    Colin Clark nous présente une Marilyn assez proche de celle que l’on a pu découvrir dans d’autres ouvrages. Il nous raconte comment il l’a approché au point de passer une nuit à ses côtés, quelques jours seulement après son mariage avec Arthur Miller. Quels ont été les liens qui les ont unis quelques jours, quelques heures… Quelle influence il a eu sur elle lors du tournage du Prince et la danseuse… Dommage que l’auteur prenne un peu trop la position du donneur de leçon omniscient et sans émotion…

     

    En lisant ce témoignage, je n’ai pu m’empêcher de mettre en doute certains passages, me disant qu’il est un peu facile de raconter cette anecdote si longtemps après, alors que si peu de personnes peuvent confirmer les faits. Beaucoup de questions restent en suspend, il reste trop d’incertitudes quant à la valeur à donner à ces écrits…

     

    Parfois touchant mais souvent sans âme, l’ouvrage manque de sensibilité à mon goût. Le style de l’auteur est très fade – peut-être une mauvaise traduction… Il ne m’a absolument pas transporté, je suis restée sur ma faim, bref, je n’ai pas vraiment apprécié ma lecture !

     

    Il me semble que d’autres ouvrages, plus crédibles ou plus intéressants, sont à découvrir en priorité sur Marilyn, entre autres :

    Marilyn Monroe, Plantagenet 

    Marilyn, dernières séances, Schneider 


    1 commentaire
  • Quatrième de couverture : Nice décembre 2005. Vincent Degas, avocat niçois, est poignardé dans un centre commercial. Entre vie et trépas, il voit alors défiler l'écheveau de son existence tumultueuse. Des rencontres exaltantes, des amours exaltées, les tentations du quotidien, mais aussi de profondes lassitudes alimentées par ses lancinantes interrogations sur le bonheur. Nous avons tous, un jour, aimé à la folie. Nous nous sommes tous, un jour, demandés si nous étions vraiment heureux, si le chemin emprunté était réellement le bon… Mais quand, à l'instar de Vincent Degas, c'est le destin qui tranche à votre place, mêlant amour, passion, trahison, vengeance, alors votre vie s'emballe irrémédiablement à un train d'enfer… vers quel terminus ? À vous de le découvrir dans ce roman au rythme trépidant et à l'écriture nerveuse. Cette histoire, c'est celle de Vincent… Cette histoire, c'est aussi la vôtre… peut-être…

     

    Qu’est-ce qui a bien pu amener un homme ordinaire, père de famille aimé, brillant avocat, à se faire sauvagement poignarder dans un centre commercial ? Comment la vie peut-elle être assez cruelle pour mettre en danger une petite famille « sans histoires » ? Qu’a-t-il bien pu se passer dans le parcours de Vincent Degas pour en arriver à ce point là ? C’est ce qu’il va nous  raconter, nous confier même, au fil des pages de Que rien ne bouge… Car le roman commence par la fin, par la dernière épreuve qu’il aura à traverser avant d’accéder, peut-être, à la plénitude.

     

    Vincent est un étudiant plein d’avenir et d’espoir quand il rencontre la « femme de sa vie », Elodie. Une jeune femme charmante et pleine d’esprit qui lui fait découvrir la vie à deux, bons et mauvais côtés compris ! Elodie s’avère maladivement jalouse, par manque de confiance en elle. Elle n’hésite pas à se donner en spectacle pour montrer à toutes que Vincent est l’élu de son cœur et faire preuve de beaucoup d’impulsivité lorsqu’une éventuelle prétendante prédatrice pose le regard sur son bien aimé. Ce qui a évidemment le don d’agacer et de gêner le bellâtre, au bord de la crise de nerf !

     

    Histoire somme toute assez banale me direz-vous : un couple se crée et se déchire avec le quotidien, un autre se crée et c’est la roue de l’évolution qui tourne… C’était sans compter la capacité de l’auteur à mettre en scène des personnages hauts en couleurs, plein de nuances et de contradictions, bouleversés par leurs propres paradoxes et leurs peurs des lendemains qui déchantent. Des êtres humains quoi… Eh bien oui, des êtres humains dont les travers sont vraiment bien mis en valeur, Vincent Degas en première ligne, témoin et confident privilégié de cette épopée sentimentale !

     

    Les amours, les aventures, les problèmes, les doutes s’enchainent à un rythme d’enfer. Vincent se perd dans ses retranchements, dans ses principes qui se fissurent et volent en éclats. Car la vie est cruelle et casse nos rêves, nos espoirs, les fondements les plus moraux et immoraux enfouis en notre fort intérieur… Et si c’était pour nous rendre meilleur ?

     

    En quelques pages, Fabrice Mauro nous plonge dans un univers riche et surprenant, plein de leçons, d’humour et de sensibilité. L'auteur réussit avec brio à nous faire partager les moments d’émotion, les scènes charnières  que traversent ses personnages. Ces derniers étant, rappelons-le, tout à fait étonants et très crédibles ! Gros coup de cœur pour les scènes d'amour,  très sensuelles, extrêmement bien écrites, narrées d’une main de maître ! Jamais trop ni trop peu, juste ce qu’il faut pour que l’imaginaire fasse le reste…

     

    Sentiment général, donc : auteur à découvrir et à suivre !

    Site Auteur 


    2 commentaires