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Edito
Bienvenue dans mon "Monde Virtuel"* ! Vous y trouverez des thèmes aussi divers que : L'Art, Le management, la musique , le cinéma, L'Analyse Transactionnelle, et surtout, le nerf de la guerre, la colonne vertébrale, l'essence même de Monde Virtuel, .... mes Lectures...
Et pour faciliter l'accès à mes commentaires de lectrice assidue, j'ai mis en place un sommaire "alpha-auteur" parce que c'est quand même plus pratique comme ça !
Soyez les bienvenus dans mon univers, et surtout, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires !!! Ce blog est avant tout un lieu d'échange, de partage, collaboratif, quoi !
* en hommage à -M-, biensûr !
Sainte futile, Alix Girod de l’Ain, Roman, 2006
Publié par hinachii dans Carnet de lectures
POP, alias Pauline Orman Perrin, célèbre journaliste-humoriste du magazine Modelle, voit sa vie basculer lorsqu’elle rencontre Karl Lagerfeld… Enfin, Dieu sous les traits de la star de la haute couture ! Après un grave accident de bouteilles d’eau (si, si !) elle est propulsée vers Dieu qui lui propose de rester un peu plus longtemps sur terre sous réserve de voir partout le Bon et le Beau et de faire le Bien autour d’elle au lieu de consacrer sa vie à la futilité et la superficialité.
Comme vous pouvez l’imaginer, le roman commence de façon plutôt originale et surtout, le ton est donné très vite : humour et second degrés seront forcément de la partie ! Après quelques pages vraiment très futiles, on entre dans le vif du sujet : comment devenir excessivement pieuse lorsqu’on a passé les 30 premières années de sa vie dans l’excès de superficialité ? Car ce roman hyper chick litt est un condensé d’excessivité ! Une fois que POP a rencontré « Dieu », elle se lance dans une croisade forcenée pour « devenir meilleure », même si ses proches en font souvent les frais. Cela donne évidemment lieu à des situations abracadabrantesques plutôt amusantes. Malheureusement, l’auteur aussi part dans tous les excès : excès de caricature, de redondances, de fausses surprises, de références de moins en moins subtiles et de plus en plus inutiles au fil des pages… Dommage que ce roman soit un peu trop long : on finit par s’ennuyer un peu et se détacher des personnages trop caricaturaux pour rester crédibles. Une nouvelle chick litt aurait-largement suffit et serait restée très drôle.
POP, alias Pauline Orman Perrin, célèbre journaliste-humoriste du magazine Modelle, voit sa vie basculer lorsqu’elle rencontre Karl Lagerfeld… Enfin, Dieu sous les traits de la star de la haute couture ! Après un grave accident de bouteilles d’eau (si, si !) elle est propulsée vers Dieu qui lui propose de rester un peu plus longtemps sur terre sous réserve de voir partout le Bon et le Beau et de faire le Bien autour d’elle au lieu de consacrer sa vie à la futilité et la superficialité. Comme vous pouvez l’imaginer, le roman commence de façon plutôt originale et surtout, le ton est donné très vite : humour et second degrés seront forcément de la partie ! Après quelques pages vraiment très futiles, on entre dans le vif du sujet : comment devenir excessivement pieuse lorsqu’on a passé les 30 premières années de sa vie dans l’excès de superficialité ? Car ce roman hyper chick litt est un condensé d’excessivité ! Une fois que POP a rencontré « Dieu », elle se lance dans une croisade forcenée pour « devenir meilleure », même si ses proches en font souvent les frais. Cela donne évidemment lieu à des situations abracadabrantesques plutôt amusantes. Malheureusement, l’auteur aussi part dans tous les excès : excès de caricature, de redondances, de fausses surprises, de références de moins en moins subtiles et de plus en plus inutiles au fil des pages… Et un achèvement mené un peu trop - excessivement ? - hâtivement...Dommage que ce roman soit un peu trop long : on finit par s’ennuyer un peu et se détacher des personnages trop caricaturaux pour rester crédibles. Une nouvelle chick litt aurait largement suffit et serait restée très drôle...
Le roman de l’été, Nicolas Fargues, Roman, 2009
Publié par hinachii dans Carnet de lectures
John est un jeune retraité qui a choisi de consacrer sa fin de vie à l’écriture, réfugié dans la maison normande de son père, artiste célèbre aujourd’hui décédé. Mais comment se « mettre à écrire » à 55 ans ? Et que dire ? Sans paraître niais ? Sans imiter les grands auteurs ? Sans se fourvoyer ?
Jean, son voisin, ne rêve que d’une « vue sur mer » après une dure vie de labeur à l’usine, pour que Claudine et lui puissent enfin profiter de la beauté du paysage. Encore faut-il trouver le courage de tout faire pour mener à bien ce rêve.
Frédéric, leur fils, mène une vie tranquille, sans histoires, sur les traces de son père : un travail, une compagne, et bientôt un enfant. Cet été, il va être confronté à la réalité des « jeunes de banlieues » qu’on lui colle dans les pattes histoire de les occuper…
Tandis que Mary - la fille de John, qui vient passer quelques jours chez son père avec son « mec » et une copine aussi belle qu’envoûtante - va découvrir les affres du désamour en même temps que les frissons de nouveaux désirs…
Et tout ce beau monde se trouve donc ce fameux été, sur les plages de Normandie. Chacun va devoir se confronter à ses rêves avortés, ses désirs enfouis, ses peurs stupides mais tenaces…
Dans ce ‘roman choral’, chacun se croise et se découvre au fil des jours, des rencontres, des discussions et des non-dits.
Difficile de résumer sans trop en dévoiler ce roman aussi captivant qu‘intelligent… Idéal pour les longues nuits d’automne, les dimanche pluvieux et leur lot de nostalgie estivale. C’est un vrai régal de se plonger dans la vie de ces quatre personnages bien moins ordinaires qu’il n’y parait. Leurs vies se mêlent, s’entremêlent, s’emmêlent un peu parfois… sans que le lecteur ne s’emmêle les pinceaux !
Teinté de réflexions profondes et audacieuses sur notre époque et sur nos relations aux « autres », ce roman choral est un vrai délice ! Nicolas Fargues fait preuve de beaucoup de talent et d’originalité, qu’il se lance dans des mises en abyme exquises ou des observations remarquables sur le comportement de l’humain du XXIème siècle… Tant et si bien qu’on en redemande !!! Encore !
John est un jeune retraité qui a choisi de consacrer sa fin de vie à l’écriture, réfugié dans la maison de son père, artiste célèbre aujourd’hui décédé. Mais comment se « mettre à écrire » à 55 ans ? Et que dire ? Sans paraître niais ? Sans imiter les grands auteurs ? Sans se fourvoyer ?
Jean, son voisin, ne rêve que d’une « vue sur mer » après une dure vie de labeur à l’usine, pour que Claudine et lui puissent enfin profiter de la beauté de ce paysage Cotentin. Encore faut-il trouver le courage de tout faire pour mener à bien ce rêve. Frédéric, leur fils, mène une vie tranquille, sans histoires, sur les traces de son père : un travail, une compagne, et bientôt un enfant. Cet été, il va être confronté à la réalité des « jeunes de banlieues » qu’on lui colle dans les pattes histoire de les occuper… Tandis que Mary - la fille de John, qui vient passer quelques jours chez son père avec son « mec » et une copine aussi belle qu’envoûtante - va découvrir les affres du désamour en même temps que les frissons de nouveaux désirs… Et tout ce beau monde se trouve donc ce fameux été, sur les plages de Normandie. Chacun va devoir se confronter à ses rêves avortés, ses désirs enfouis, ses peurs stupides mais tenaces… Dans ce ‘roman choral’, chacun se croise et se découvre au fil des jours, des rencontres, des discussions et des non-dits. Difficile de résumer sans trop en dévoiler ce roman aussi captivant qu‘intelligent… Idéal pour les longues nuits d’automne, les dimanche pluvieux et leur lot de nostalgie estivale. C’est un vrai régal de se plonger dans la vie de ces quatre personnages bien moins ordinaires qu’il n’y parait. Leurs vies se mêlent, s’entremêlent, s’emmêlent un peu parfois… sans que le lecteur ne s’emmêle les pinceaux ! Teinté de réflexions profondes et audacieuses sur notre époque et sur nos relations aux « autres », ce roman choral est un vrai délice ! Nicolas Fargues fait preuve de beaucoup de talent et d’originalité, qu’il se lance dans des mises en abyme exquises ou des observations remarquables sur le comportement de l’humain du XXIème siècle… Tant et si bien qu’on en redemande !!! Encore !
Le fait du prince, Amélie Nothomb, Roman, 2008
Publié par hinachii dans Carnet de lectures
Que de coïncidences…! Lorsque Baptispe Bordave voit un inconnu s’effondrer au pas de sa porte, il y réfléchit à deux fois avant d’appeler les secours ou la police. Un étrange conseil reçu la veille au soir l’incite à choisir une troisième solution… Il faut savoir que la vie de Baptiste est plus qu’ordinaire, proche de la banalité absolue, en fait ! Cet évènement va donc changer le cours de sa vie. Mais laissons le mystère entier… Gardons l’effet de surprise intact !
Ce [court] roman d’Amélie Nothomb se lit très rapidement. Même si l’histoire frôle parfois l’absurdité absolue, même si certains éléments sont carrément tirés par les cheveux, on se laisse porter et emporter avec délice. Quelques passages suffisent à remonter un peu le niveau intellectuel de ce livre somme toute assez léger… Bref, un bon moment de lecture ! Champagne très chère !
Que de coïncidences…!
Lorsque Baptispe Bordave voit un inconnu s’effondrer au pas de sa porte, il y réfléchit à deux fois avant d’appeler les secours ou la police. Un étrange conseil reçu la veille au soir l’incite à choisir une troisième solution… Il faut savoir que la vie de Baptiste est plus qu’ordinaire, proche de la banalité absolue, en fait ! Cet évènement va donc changer le cours de sa vie. Mais laissons le mystère entier… Gardons l’effet de surprise intact ! Ce [court] roman d’Amélie Nothomb se lit très rapidement. Même si l’histoire frôle parfois l’absurdité absolue, même si certains éléments sont carrément tirés par les cheveux, on se laisse porter et emporter avec délice. Quelques passages suffisent à remonter un peu le niveau intellectuel de ce livre somme toute assez léger… Bref, un bon moment de lecture ! Champagne très chère !
L’écorchée vive, Claire Legendre, Roman, 2009
Publié par hinachii dans Carnet de lectures Quatrième de couverture : "Elle est seule dans le hall quand elle découvre l'enveloppe dans la boîte aux lettres.Elle est fébrile en l'ouvrant. Elle s'y attend peut-être. Elle a l'intuition que dans l'enveloppe, elle ne va rien trouver de bon. Elle la déchire. Il y a une photographie : dans une cour d'école, de jeunes enfants déguisés. Ils ont quatre ou cinq ans. Dans le haut de la photo il manque un visage, qui a été découpé. Elle reconnaît les autres. Et à travers le trou de son visage à elle, de son visage d'enfant, elle passe un doigt." Qui donc adresse à Barbara son visage d'enfant découpé ? Et pourquoi ? Est-ce une menace ? Une provocation ? La jeune femme, enfermée dans son joli corps, a un secret.
La douleur de vivre défigurée, la douleur de survivre quand on ne l’est plus. Barbara est née avec une malformation au visage. Elle endure son enfance dans l’humiliation, la crainte, la différence et l’amertume. Mais elle se construit. Parce que l’être humain est ainsi fait, il se construit malgré tout… Visage défiguré, monstre aux yeux des personnes normalement constitués, elle se forge des boucliers, fortifie ses défenses. Et voilà que la science avance, que les scientifiques et médecins lui posent un nouveau visage, un complément de visage sur le sien… Mais comment vivre avec un visage devenu normal ? Comment accepter ce nouvel état de fait ? Barbara se reconnait-elle dans ce nouveau visage ? Sa difformité constituait-elle sa personnalité ? Non, évidemment, nous ne sommes pas nos visages… mais plutôt ‘la somme de nos expériences’. Alors comment vivre lorsque le visage ne reflète plus du tout ces expériences passées, si douloureuses soient-elles..? Après la difficulté de devoir vivre avec la différence, elle doit s’accommoder de sa nouvelle transparence. L’indifférence face à la normalité de son visage alors qu’au fond, elle reste la jeune fille au visage écorché. L’écorchée vive… Et si c’était celle dont le visage ne reflète plus les écorchures ? Claire Legendre a choisi une construction de récit particulièrement adaptée à l’histoire. D’un chapitre à l’autre, on passe de la petite Barbara, avec son visage d’enfant, à Barbara adulte, avec son visage neuf. Et on découvre lentement - mais profondément - la personnalité de L’écorchée vive. On comprend ainsi pourquoi elle est devenue ce qu’elle est. L’auteur dévoile tout doucement toutes les facettes de son personnage à la gueule cassée et au cœur en morceaux. Mais elle le fait sans délicatesse aucune, avec toute la rudeur dont la vie est capable. Grâce à un style concis et tranchant, Claire Legendre fait preuve de beaucoup d’intelligence et de finesse. Les mots viennent frapper notre bonne conscience, provoquer nos bons sentiments. Le ton général a beau être quasi neutre, la force de l’ouvrage réside dans la capacité de l’auteur à faire créer ‘l’impact’ dans l’esprit du lecteur… Les surprises et les chocs sont d’autant plus intéressants à ressentir. L’écorchée vive est un roman aussi troublant qu’enrichissant, où constate à nouveau tout le talent de son écrivaine. Du même auteur : La méthode Stanislavski, Viande D'autres avis : Clarabel, La boite à sorties...
Les corps perdus, François Gantheret, Roman, 2004
Publié par hinachii dans Carnet de lectures
Quatrième de couverture : Dans un pays du Maghreb, Andrès, journaliste, est prisonnier, détenu au fond d'un puits. Dans la montagne, Tamia survit dans l'espoir de retrouver son amant, incarcéré dans ce même bagne. Par miracle, une nuit, Andrès parvient à s'évader. Pris en charge par Tamia, il part avec elle à la recherche de la Vérité... Un premier roman très Elle ne vit que par le désir de retrouver son homme, Elijah… Lui survit dans l’espoir de sortir du puits pour retrouver l’être humain qui est en lui… Mais que peut-on trouver après tant d’années passées à attendre, à espérer atteindre l’autre rive de son rêve ? Ils vivent dans la perspective de retrouver ce qui a fait d’eux ce qu’ils sont. Mais est-ce vraiment une vie ? L’espoir fait-il vivre ? On ne sait pas vraiment où on est, ni à quelle époque, ni qui sont les véritables héros de cette histoire dure et cruelle. Mais on sait l’essentiel : les sentiments qui les animent, leurs terreurs, leurs incertitudes et les espoirs qui les portent. Une belle écriture soignée et profonde mais qui a tendance à laisser le lecteur à l’écart, maintenir une certaine distance avec lui. Et l’auteur a bel et bien réussi à me tenir à distance… Mon avis sur ce roman est donc assez confus. Je me suis sentie à la fois impliquée dans leurs histoires et totalement étrangère au cours des choses. Emotion de lectrice surprenante, je n'y suis pas habituée... je reste perplexe ! Et ça me pousse à découvrir cet auteur à travers d'autres ouvrages car son style m'a vraiment séduite.
D'autres avis : Parution.com , Le monde de BA.
Un roman français, Frédéric Beigbeder, Autobiographie, 2009
Publié par hinachii dans Carnet de lectures Quatrième de couverture : C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son coeur était brisé. C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage. C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j'ai vécue : un roman français.
Le « roman » débute avec l’arrestation de Frédéric Beigbeder. Pris en flagrant délit d’usage de stupéfiant sur le capot d’une voiture, il est placé en garde à vue. Cette incarcération, somme toute banale, est vécue comme une épreuve insurmontable par ce Dandy désaxé des temps modernes… De la solitude et l’isolement naît un besoin compulsif de se recentrer sur lui-même, de renouer avec son passé… sauf qu’il n’a pas de « souvenirs d’enfances ». Du moins c’est ce qu’il croit… Il suffira d’un seul souvenir apparemment anecdotique pour lui permettre de retrouver le fil de sa vie. Ce sale gosse de la littérature Française a bel et bien réussit à me surprendre ! Ce Roman français aux allures d’autobiographie n’a rien de commun avec ce que j’ai pu lire de l’auteur jusqu’à présent. Il se dévoile enfin, seul, malheureux, claustrophobe et désarmé. Il nous permet de comprendre que Frédéric n’est pas tout à fait Octave ni Marc… Il s’est inspiré de lui-même pour créer ses personnages, mais ils ne sont pas lui. Et j’avoue que l’on passe un bon moment avec ce Frédéric en question… Nombriliste ? un peu… Mais cela ne l’empêche pas de se poser des vraies questions sur le monde dans lequel il vit, sur cette vie qui l’entoure et qu’il ne comprend pas toujours très bien. Réflexions assez décalées pour nous bousculer un peu dans nos idées reçues. Egocentrique ? C’est vrai, et alors ? Geignard ? Et oui ! Mais c’est tellement drôle de se moquer d’un homme qui a « tout » et qui se plaint comme un gamin qui se fait taper sur les doigts après une grosse bêtise ! Aussi énervant que touchant… car à cette fameuse personne qui a « tout » semble manquer l’essentiel… Je vous laisse le plaisir de le découvrir… Si vous cherchez à retrouver les déboires sentimentaux et les excès en tout genre de ces personnages fictifs, ne le lisez pas. Si vous voulez aller au-delà du mythe, levez le voile : LISEZ LE !
Autre avis :La promesse d'une génération,Liza, Les routes de l'imaginaire. Du même auteur : Mémoires d'un jeune homme dérangé
Entretien avec un vampire, Anne Rice, 1976
Publié par hinachii dans Carnet de lectures Quatrième de couverture : De nos jours, à la Nouvelle-Orléans un jeune homme a été convoqué dans l'obscurité d'une chambre d'hôtel pour écouter la plus étrange histoire qui soit. Tandis que tourne le magnétophone, son mystérieux interlocuteur raconte sa vie, sa vie de vampire. Comme l'interviewer, nous nous laissons subjuguer, fasciner et entraîner à travers les siècles dans un monde sensuel et terrifiant ou l'atroce le dispute au sublime. Véritable livre Culte, premier voler des désormais incontournables Chroniques des vampires, Entretien avec un vampire renouvelle totalement l'un des mythes les plus riches et les plus ambigus du fantastique.
Louis décide de raconter à un « jeune homme » sa re-naissance et sa vie vampirique. Une suite d’évènements évidemment hors du commun où le temps, les jours et les décennies n’ont pas de prise pour l’immortel qu’il est devenu grâce à Lestat. Et pourtant, le temps a une grande importance dans son cheminement. Pas tellement à cause des générations qu’il traverse sans vieillir, ce n’est pas un livre d’Histoire. Non, si le temps a de l’importance, c’est en tant que durée à passer avec les uns ou les autres, en tant que moments de solitude à apprécier ou à haïr, en tant qu’expérience à accumuler pour grandir, évoluer, devenir… Car si le corps et le visage du vampire ne sont pas modifiés par la vieillesse, son esprit, lui est en perpétuelle recherche. Surtout si ce vampire tente de découvrir le mystère de son état, veut se définir par rapport à ses anciens concepts bassement humains.
Louis est un personnage sensible, intelligent, malmené par le caractère égoïste, inconstant et malsain de Lestat. Le vampire qu’il l’a « fait » ne prend pas le temps de montrer à « disciple» le chemin à prendre, les leçons à connaître, les règles à respecter. Au lieu de cela, c’est une vie oisive et libertine qu’il propose à Louis. Inséparables sans pour autant être capable de se supporter, leur couple va être totalement bouleversé par l’entrée en scène fracassante de Claudia… Le trio ira jusqu’à l’explosion, jusqu’au parricide. Ce qui n’aidera pas le pauvre Louis à résoudre sa problématique sur sa nature véritable : état ultime de l’humanité, hybride ou créature diabolique ?
Le style de Anne Rice est tout simplement fascinant, surprenant, gracieusement littéraire et poétique. Si vous cherchez un roman fantastique pour passer le temps, refermez Entretien avec un vampire, car il ne vous apportera pas la légèreté attendue ! Le récit de Louis est lourd de reproches, de regrets, d’amertumes, de questions. Certaines de ces réflexions pourraient faire basculer l’ouvrage vers le conte philosophique fantastique ! Les thèmes tabous par excellence y sont abordés avec le détachement et l’intellect propre à l’univers des vampires de Rice. Elle va au-delà des thématiques cannibales et sexuelles qu’incarnent en premier lieux ces suceurs de sang. Le parricide, la trahison, le meurtre passionnel, l’amour parental qui bascule en amour charnel, l’homosexualité entre deux personnes de même « famille », tous ces tabous sont posés, détaillés et décortiqués avec beaucoup d’intelligence et de … sensibilité ! Bien plus qu’un roman fantastique, ce livre ouvre les portes à toutes les idées les plus sordides et noires que l’être humain peut sentir naître en lui, malgré lui…
Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire de Vikas Swarup, 2006
Publié par hinachii dans Carnet de lectures
Quatrième de couverture : Splendeur et misère de l'Inde d'aujourd'hui ou les rocambolesques aventures d'un gamin des rues qui rêve de devenir quelqu'un. Une galerie de portraits colorée, un voyage dans les recoins les plus sombres, d'un pays fascinant, une construction brillante pour une oeuvre originale.
Quand Ram entend rugir la jeep au gyrophare rouge, il sait que sa vie va prendre un nouveau tournant… pour la énième fois ! L’adolescent a l’habitude des revirements de situation puisque d’orphelin miséreux, il est devenu, en l’espace de 18 ans seulement, un riche milliardaire ! Comment ? Eh, bien c’est que Vikas Swarup nous fait découvrir dans son chef d’œuvre, Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire ! Au fil des chapitres, c’est tout l’univers d’un jeune indien qui se décompose et se recompose au grès de sa chance et des travers cruels d’une vie. Avec une écriture magistrale que je pourrai comparer sans exagérer à celle de Cent ans de solitude (Gabriel García Márquez), Vikas Swarup nous plonge dans l’Inde contemporaine, avec toutes les merveilles et les injustices qu’elle recèle depuis toujours. Sans jamais tomber dans un fatalisme quelconque ni dans l’euphorie aveuglante, l’auteur nous conte les histoires rocambolesques qui ont fait de Ram ce qu’il aujourd’hui. Car c’est bien un conte des temps modernes que Swarup nous livre ici ! On s’attache dés les premières lignes au personnage atypique de Ram Mohammad Thomas, jeune indien orphelin qui a gagné 1 000 000 000 de roupies à un jeu télévisé et qui se voit arrêté pour cette « aberration » ! C’est pour se défendre qu’il va devoir nous raconter tous les épisodes de sa vie qui l’ont conduit à répondre correctement aux 12 questions du jeu… Les chapitres se déploient majestueusement pour nous faire découvrir les sombres histoires et les plus beaux moments de la vie du jeune indien malchanceux qui devint milliardaire… Et on referme le livre à regret, avec un seul mot en tête : Chef d’œuvre ! Encore bravo et merci Monsieur Swarup ! Je conseille ce livre à tous ceux que l’Inde fascinent, qui ont adoré La cité de la joie et Cent ans de solitude, qui aiment se plonger corps et âme dans une excellente histoire, qui apprécient particulièrement les romans écrit de main de maître, et qui cherchent à en savoir plus sur le monde et sur eux-mêmes en ouvrant un bouquin… D’autres avis :
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Mardi 01 Décembre 2009 à 21:13

